Le Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est l'un des troubles du neurodéveloppement les plus fréquents. Selon l'Inserm, il touche 5 à 8 % des enfants et persiste à l'âge adulte chez environ 60 % d'entre eux. Pourtant, des dizaines de milliers de personnes concernées ignorent encore qu'elles peuvent déposer un dossier MDPH et obtenir des droits concrets.
Ce guide fait le point sur toutes les aides accessibles en 2026 : pour l'adulte TDAH (AAH, RQTH), pour l'enfant TDAH (AEEH, AESH, accompagnement scolaire), et sur la façon de monter un dossier solide dans les deux cas.
Le TDAH est-il reconnu par la MDPH ?
Oui, sans ambiguïté. Le TDAH figure dans la Classification Internationale des Maladies (CIM-10, code F90) et dans le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique américain, référence internationale). Depuis les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) publiées en février 2024, le TDAH est reconnu comme un trouble du neurodéveloppement persistant à l'âge adulte (source : HAS, 2024).
En pratique, la MDPH n'évalue pas le diagnostic en lui-même mais son retentissement fonctionnel. Ce n'est pas parce que vous avez un diagnostic TDAH que vous obtiendrez automatiquement des droits — c'est parce que ce diagnostic entraîne des limitations concrètes dans votre vie quotidienne, professionnelle et sociale.
Quelles aides MDPH pour un adulte TDAH ?
La RQTH : l'aide la plus accessible
Pour la majorité des adultes TDAH, la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé est l'aide la plus pertinente et la plus accessible. Elle n'impose pas de seuil de taux d'incapacité chiffré : il suffit que le TDAH entraîne des difficultés dans l'accès ou le maintien dans l'emploi, ce que peut documenter un psychiatre.
La RQTH ouvre concrètement droit à : obligation d'aménagement raisonnable par l'employeur (bureau calme, pauses fractionnées, organisation en écrits plutôt qu'à l'oral, télétravail partiel), accès aux aides Agefiph pour financer du matériel ou une formation, accompagnement Cap emploi, doublement de la durée du préavis de licenciement, et comptage dans l'OETH des entreprises.
L'AAH : pour les cas de retentissement fort
L'AAH (1 044 €/mois maximum au 1er avril 2026 pour une personne seule sans ressources) peut être attribuée pour TDAH adulte lorsque le retentissement est sévère. Elle suppose soit un taux d'incapacité de 50 à 79 % avec restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi (RSDAE), soit un taux de 80 % et plus.
En pratique, l'AAH est plus souvent accordée pour TDAH lorsqu'il existe des comorbidités lourdes — dépression chronique, anxiété sévère, troubles bipolaires associés — qui aggravent le retentissement. Un TDAH isolé sans comorbidité peut suffire dans les formes très sévères (TDAH combiné non traitable, retentissement professionnel majeur documenté sur plusieurs années).
La PCH : rare mais possible
La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) peut financer une aide humaine pour les actes de la vie quotidienne (gestion administrative, planification, organisation des démarches). Elle est rare pour le TDAH seul mais possible en cas de comorbidités ou de TDAH très sévère avec retentissement sur l'autonomie quotidienne.
TDAH enfant — AEEH et accompagnement scolaire
Pour un enfant diagnostiqué TDAH, deux droits MDPH sont particulièrement importants : l'AEEH et l'AESH.
L'AEEH (Allocation d'Éducation de l'Enfant Handicapé)
L'AEEH est une allocation versée aux parents d'un enfant handicapé de moins de 20 ans. Son montant de base est de 149,26 €/mois en 2026, auquel s'ajoutent des compléments (catégories 1 à 6) selon les surcoûts liés au handicap. Pour un enfant TDAH, les compléments couvrent généralement les frais de prises en charge libérales (psychomotricien, orthophoniste, neuropsychologue) et la réduction d'activité d'un parent.
L'AESH (Accompagnant d'Élève en Situation de Handicap)
L'AESH accompagne l'enfant TDAH à l'école pour les actes de la vie quotidienne et les apprentissages (aide à la concentration, prise de notes, structuration des activités). L'attribution AESH est une décision CDAPH, formalisée dans le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation). Les délais peuvent être longs (3 à 12 mois) et l'AESH n'est pas toujours présent à plein temps.
Comment monter un dossier MDPH solide pour TDAH
Le dossier MDPH TDAH repose sur trois piliers : le certificat médical, le projet de vie, et les pièces complémentaires.
Le certificat médical (Cerfa 15695-01)
- Doit être rempli par le psychiatre ayant posé le diagnostic (ou par le médecin traitant sur la base du compte rendu psychiatrique).
- Mentionner le diagnostic précis (TDAH inattentif, hyperactif-impulsif ou combiné) avec les critères DSM-5 retenus.
- Préciser la date de pose du diagnostic et l'ancienneté des symptômes.
- Décrire les comorbidités (anxiété, dépression, troubles du sommeil, addictions).
- Indiquer les traitements en cours (méthylphénidate, atomoxétine ou autres) et leur efficacité.
- Détailler le retentissement fonctionnel observé : professionnel, social, quotidien.
- Pour les enfants : joindre les bilans neuropsychologiques et comptes rendus de suivi.
Le projet de vie
C'est la pièce la plus lue par la CDAPH. Pour le TDAH, insistez sur les points suivants : difficultés de concentration et d'organisation (avec exemples concrets : délais manqués, tâches abandonnées), retentissement professionnel sur les 5 à 10 dernières années, coût de l'adaptation permanente (épuisement cognitif, anxiété, burn-out), vie quotidienne (gestion du temps, des finances, des démarches administratives).
Refus fréquents TDAH et comment les éviter
Le motif de refus le plus fréquent pour un dossier TDAH est l'évaluation du TDAH comme « léger » ou « compensé » par la CDAPH — au motif que le demandeur a un parcours professionnel apparent ou qu'il « s'adapte bien ».
- Stratégie : documenter l'écart entre les apparences (parcours visible) et le coût réel (énergie dépensée, souffrances cachées, tentatives de reconversion).
- Joindre des attestations de l'employeur ou de France Travail sur les ruptures professionnelles.
- Inclure des comptes rendus de médecin du travail si disponibles.
- En cas de refus : constituer un RAPO avec de nouvelles pièces médicales (bilan neuropsychologique, attestation psychiatre sur le retentissement).
Aides hors MDPH pour le TDAH
- Complémentaire santé solidaire (CSS) : accès aux soins renforcé pour les revenus modestes.
- APA et aménagements universitaires : prise en compte du handicap à l'université, tiers-temps aux examens.
- Associations : TDAH France (conseils, permanences, groupes de parole), HyperSupers TDAH France.
- Médecin du travail : peut formuler des préconisations d'aménagement sans attendre la RQTH.
Sources officielles
- HAS — Recommandation de bonne pratique « Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité chez l'adulte » (février 2024).
- Inserm — Dossier TDAH (mise à jour 2023).
- DSM-5, critères diagnostiques TDAH (APA).
- service-public.fr — fiches RQTH, AAH, AEEH, AESH.
- monparcourshandicap.gouv.fr — guide-barème, démarches MDPH.
Questions fréquentes
Peut-on obtenir la RQTH pour TDAH sans avoir été diagnostiqué enfant ?
L'AAH est-elle accessible pour un TDAH léger sans comorbidité ?
Mon fils a 17 ans et passe à la majorité — que faire pour ses droits MDPH ?
Le traitement médicamenteux (méthylphénidate) réduit-il mes chances d'obtenir des droits MDPH ?
Un enfant TDAH scolarisé normalement peut-il avoir une AESH ?
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