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Pathologies

AVC et MDPH : comment monter son dossier après un accident vasculaire (2026)

Après un AVC, les séquelles peuvent justifier une AAH, une RQTH, une PCH et une CMI. Ce guide explique le timing, les pièces médicales attendues, et les pièges à éviter.

K
La rédaction Klari
·12 avril 2026·Mis à jour 26 avril 2026·11 min de lecture

L'accident vasculaire cérébral (AVC) touche environ 140 000 personnes par an en France (Santé publique France, 2023). Une victime sur trois conserve des séquelles invalidantes 12 mois après. Ces séquelles peuvent ouvrir des droits importants à la MDPH : AAH, RQTH, PCH, CMI invalidité, orientation médico-sociale. Cet article décrit le timing optimal de la demande, les éléments médicaux à réunir, et les pièges à éviter.

Quelles séquelles ouvrent des droits MDPH ?

Le guide-barème national (annexe 2-4 du CASF) classe les séquelles d'AVC dans plusieurs chapitres. Les plus fréquentes :

Type de séquelleChapitre guide-barèmeTaux indicatif
Hémiplégie ou hémiparésieChapitre IV (déficiences motrices)50–95 % selon la latéralité et l'autonomie
Aphasie / dysarthrieChapitre I (déficiences intellectuelles et difficultés du comportement) et III (audition/langage)30–80 % selon le degré
Troubles cognitifs (mémoire, attention, fonctions exécutives)Chapitre I30–70 %
Hémianopsie / troubles visuelsChapitre V30–60 %
Troubles de l'équilibre / chutesChapitre IV30–60 %
Fatigue chronique post-AVCChapitre VII (déficiences viscérales et générales)20–50 %

L'évaluation finale par l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH cumule l'ensemble des déficiences (règle dite de l'incapacité globale, et non addition arithmétique). Une hémiplégie modérée + aphasie légère + troubles cognitifs peut rapidement aboutir à un taux ≥ 80 %.

Quelles aides demander dans votre dossier ?

AAH (Allocation aux Adultes Handicapés)

Si vous avez moins de 62 ans et un taux d'incapacité ≥ 80 % (ou ≥ 50 % avec restriction substantielle d'accès à l'emploi), vous pouvez prétendre à l'AAH (1 016,05 €/mois en 2026). Si vous avez cotisé avant l'AVC, la CPAM vous proposera en général une pension d'invalidité en parallèle — voir notre article dédié sur le cumul pension d'invalidité / AAH.

RQTH (Reconnaissance Qualité de Travailleur Handicapé)

Indispensable si vous envisagez un retour à l'emploi (même partiel) ou un reclassement. La RQTH ouvre l'accès à : aménagement de poste, télétravail prioritaire, protection contre le licenciement, accompagnement Cap Emploi/SAMETH, formations dédiées.

PCH (Prestation de Compensation du Handicap)

La PCH finance des aides humaines, techniques, animalières, ou des aménagements du domicile/véhicule. Pour un post-AVC, elle est particulièrement pertinente sur deux volets :

  • Aide humaine (ménage, toilette, repas) si l'autonomie est diminuée — jusqu'à 24 000 €/an pour un plan type.
  • Aménagement du logement : douche italienne (4 000–8 000 €), monte-escalier (10 000–15 000 €), barres d'appui — pris en charge à 50–100 % selon ressources.

CMI mention « invalidité »

La Carte Mobilité Inclusion mention « invalidité » s'obtient avec un taux ≥ 80 %. Avantages : place réservée transports, file prioritaire commerces, demi-part fiscale supplémentaire, exonération taxe d'habitation/foncière sous conditions de ressources.

Pièces médicales à réunir

  1. 1Compte-rendu d'hospitalisation initiale (avec localisation de l'AVC et type ischémique/hémorragique).
  2. 2Comptes-rendus de consultations spécialisées post-AVC : neurologue, médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR), neuropsychologue.
  3. 3Bilans paramédicaux récents : kinésithérapie (forces musculaires, équilibre), orthophonie (langage, déglutition), ergothérapie (autonomie quotidienne).
  4. 4Bilan neuropsychologique formel si troubles cognitifs (mémoire de travail, fonctions exécutives, vitesse de traitement).
  5. 5Compte-rendu d'IRM ou scanner cérébral récent (atrophie résiduelle, hypersignaux).
  6. 6Le Cerfa 15695 (certificat médical), rempli idéalement par le neurologue ou le médecin MPR référent — pas le médecin traitant si possible, pour la précision diagnostique.

Le projet de vie : 3 angles spécifiques post-AVC

  1. 1Décrire l'avant / l'après. La MDPH évalue la perte d'autonomie : précisez ce que vous faisiez seul avant l'AVC et ce que vous ne pouvez plus faire ou faites avec assistance.
  2. 2Quantifier la fatigue. Combien d'heures d'activité soutenable par jour avant épuisement ? Combien de pauses récupératrices ? Combien d'heures de sommeil ou de repos allongé requises ?
  3. 3Détailler les besoins humains. Aide pour la toilette (combien de minutes/jour), pour les repas, pour les déplacements extérieurs, pour les démarches administratives. Plus c'est précis, plus la PCH sera correctement dimensionnée.

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Pièges fréquents à éviter

  • Sous-estimer les troubles cognitifs car ils ne se voient pas. Apportez systématiquement le bilan neuropsychologique chiffré.
  • Déposer le dossier trop tôt (< 4 mois post-AVC). L'évolution est encore rapide, la CDAPH peut renvoyer pour réévaluation à 12 mois.
  • Demander uniquement la RQTH en pensant que c'est plus simple. Si votre taux est ≥ 80 %, demandez aussi l'AAH et la CMI dans le même dossier — pas de double démarche à faire.
  • Oublier l'aphasie ou les troubles du langage parce qu'ils sont en récupération. Décrivez l'état actuel, pas l'état espéré dans 6 mois.

Questions fréquentes

Combien de temps pour récupérer après un AVC avant de monter le dossier MDPH ?
Idéalement entre 6 et 12 mois post-AVC. La récupération neurologique la plus importante a lieu dans les 6 premiers mois (HAS, recommandations 2018). Au-delà, le tableau se stabilise et l'évaluation MDPH est plus juste.
Mon AVC est ancien (5 ans). Puis-je encore demander la MDPH ?
Oui, sans limite de temps. Mais l'AAH n'est pas rétroactive : vous percevez à partir du dépôt du dossier, pas depuis la date de l'AVC. Déposez dès maintenant si vos séquelles le justifient.
Mon AVC a eu lieu pendant mon travail. Cela change-t-il quelque chose ?
Si l'AVC a été reconnu en accident du travail (rare) ou maladie professionnelle, vous percevez une rente AT/MP via la CPAM, qui se cumule avec l'AAH différentielle. Un bilan AT/MP doit être engagé en parallèle de la MDPH.
Puis-je conduire après un AVC ?
Pas immédiatement. Vous devez attendre l'avis d'un médecin agréé par la préfecture, qui peut imposer un examen pratique de conduite. La CMI mention « invalidité » ne dispense pas de cette procédure. Sans avis favorable, votre permis est suspendu de plein droit.
Mon conjoint est devenu mon aidant. A-t-il droit à des aides ?
Oui, plusieurs dispositifs : l'aidant peut être rémunéré via la PCH aide humaine (sauf si conjoint sans dérogation préfectorale), bénéficier du congé de proche aidant (3 mois fractionnables, indemnisés à 65,51 €/jour en 2026), et solliciter une formation gratuite via une plateforme d'accompagnement.

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Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou médical individualisé. Klari n'est pas un service public et n'est pas affilié à la MDPH ni à la CAF. Pour les situations complexes, nous orientons vers un avocat partenaire spécialisé.

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