Combien de temps faut-il pour obtenir une réponse de la MDPH après dépôt de votre dossier ? La réponse honnête : entre le délai légal (4 mois pour la plupart des prestations) et le délai constaté (souvent 6 à 9 mois en Île-de-France), l'écart est important. Cet article fait le point sur ce que vous pouvez attendre en 2026, département par grande région, et sur ce que vous pouvez faire en cas de retard.
Les délais légaux d'instruction
Le Code de l'action sociale et des familles fixe des délais maximaux d'instruction au-delà desquels le silence de la MDPH vaut décision implicite (généralement de rejet). Ces délais varient selon la prestation demandée.
| Prestation | Délai légal | Texte de référence |
|---|---|---|
| AAH (Allocation aux Adultes Handicapés) | 4 mois | Art. R. 241-32 CASF |
| RQTH (Reconnaissance Qualité Travailleur Handicapé) | 4 mois | Art. R. 241-32 CASF |
| PCH (Prestation de Compensation du Handicap) | 4 mois | Art. R. 245-33 CASF |
| AEEH (Allocation d'Éducation de l'Enfant Handicapé) | 4 mois | Art. R. 241-32 CASF |
| CMI (Carte Mobilité Inclusion) | 2 mois | Art. R. 241-12-1 CASF |
| Orientation scolaire / professionnelle | 4 mois | Art. R. 241-32 CASF |
Délais réels constatés en 2026
Les délais constatés sont, dans la quasi-totalité des départements, supérieurs aux délais légaux. La CNSA publie chaque année un état des lieux ; voici la synthèse 2026 par grande typologie territoriale.
| Zone géographique | Délai moyen AAH/RQTH/PCH | Délai moyen CMI | Tendance 2026 |
|---|---|---|---|
| Île-de-France (75, 92, 93, 94) | 6 à 9 mois | 3 à 5 mois | Stable, reste tendu |
| Grandes métropoles (Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux) | 5 à 7 mois | 2 à 4 mois | Légère amélioration |
| Villes moyennes (Nantes, Rennes, Strasbourg, Toulouse) | 4 à 6 mois | 2 à 3 mois | Stable |
| Départements ruraux (Creuse, Lozère, Cantal) | 4 à 6 mois | 2 à 3 mois | Stable |
| Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion) | 8 à 12 mois | 4 à 6 mois | Préoccupant |
| Départements pilotes réforme 2026 (Nord, BdR, Rhône) | 5 à 7 mois | 2 à 3 mois | En amélioration |
Pourquoi de tels écarts entre légal et réel ?
Cinq facteurs expliquent les délais constatés :
- 1Volume de demandes en hausse continue : +6 % par an depuis 2020 (rapport CNSA 2025).
- 2Sous-effectifs : les MDPH peinent à recruter des évaluateurs (médecins, ergothérapeutes, travailleurs sociaux).
- 3Complexité croissante des dossiers : pathologies multiples, situations cumulant AAH + PCH + AEEH.
- 4Phase transitoire de la réforme 2026 : adaptation des process et formation des équipes au nouveau formulaire.
- 5Disparités d'organisation : certaines MDPH numérisent depuis 2018, d'autres traitent encore beaucoup de dossiers papier.
Le silence vaut refus : ce que cela signifie
Au-delà du délai légal (4 mois pour l'AAH, 2 mois pour la CMI), si la MDPH ne vous a pas notifié de décision, son silence vaut refus implicite. Cette règle est posée par l'article L. 231-4 du Code des relations entre le public et l'administration.
Concrètement : à l'expiration du délai, vous pouvez immédiatement déposer un RAPO (recours administratif préalable obligatoire) comme si vous aviez reçu un refus formel. Vous n'êtes pas tenu d'attendre une notification écrite. Voir notre article dédié au silence MDPH après 4 mois pour la procédure complète.
Comment relancer la MDPH efficacement
Si votre dossier traîne au-delà de 3 mois, voici la séquence de relance la plus efficace :
- 1Mois 3 : appel téléphonique au standard MDPH pour vérifier la prise en compte du dossier et son stade d'instruction. Notez le nom de votre interlocuteur, la date, la réponse.
- 2Mois 3,5 : connexion à monparcourshandicap.gouv.fr pour vérifier le statut affiché (« en cours d'instruction », « en attente de pièces », « passé en CDAPH »).
- 3Mois 4 : courrier recommandé de relance formelle, demandant communication de l'état du dossier et de la date prévisible de passage en CDAPH.
- 4Mois 4 + 1 jour : si pas de réponse, le silence vaut refus. Vous pouvez déposer un RAPO ou une demande d'attestation de silence.
- 5Mois 5-6 : si la MDPH répond qu'elle est en retard, demandez une décision provisoire ou un examen prioritaire si votre situation le justifie (urgence sociale, médicale).
Cas où vous pouvez demander un examen prioritaire
Certaines situations justifient une demande d'examen accéléré, à formuler par écrit :
- Pronostic vital engagé à court terme (maladie en phase terminale).
- Risque de rupture imminente de droits (fin de chômage, fin d'arrêt maladie, expiration AAH non renouvelée).
- Mineur en attente d'orientation scolaire pour la rentrée.
- Situation de très grande précarité (perte de logement imminente).
- Procédure judiciaire en cours nécessitant la décision MDPH (divorce, garde d'enfant, succession).
Que faire pendant l'attente
- Maintenez ou demandez les aides ponctuelles compatibles : RSA, allocation chômage, fonds départemental d'aide aux familles.
- Demandez une avance sur droits si vous êtes déjà bénéficiaire et en renouvellement (dans certains départements, la CAF peut maintenir l'AAH le temps de la décision).
- Constituez un journal de vos démarches (date, interlocuteur, contenu) — il sera précieux en cas de RAPO ou de saisine du tribunal.
- Préparez vos pièces médicales actualisées (un nouveau certificat médical sera utile si vous devez faire un RAPO).
Vous voulez savoir où en est votre dossier et anticiper les étapes ?
Faire le diagnostic gratuit KlariCet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou médical individualisé. Klari n'est pas un service public et n'est pas affilié à la MDPH ni à la CAF. Pour les situations complexes, nous orientons vers un avocat partenaire spécialisé.


